Interview: Photographer Sophie Hornard (Metzert, Luxembourg, Belgium)

15 Jan 2018

Parlez moi de vous.

Je vis et travaille entre la Belgique et le Luxembourg. J’ai un fils. La nature, le calme, les animaux, la forêt sont mes essentiels.

 

 

Comment et quand avez vous commencé la photographie?

C’est une rencontre amoureuse en 2006 avec un photographe passionné qui a tout déclenché. Ses photos m’ont boulversée. J’ai pris conscience de la puissance émotionnelle de l’image. Je me suis lancée à la recherche de ces émotions, d’abord en autodidacte. J’ai suivi en suite 2 années à L’académie des Beaux Arts d’Arlon, en photographie. Là j’y ai appris l’argentique, le développement et les tirages. L’argentique tient une place importante dans mon travail.

 

Quel est votre but dans la photographie?

Une catharsis, de toute évidence .

 

Que représente pour vous la photographie?

Un refuge, une flamme. La seule chose stable dans ma vie . Celle qui me rattrape et m’aide à me relever quand tout vacille.

 

Comment votre travail vous différencie des autres?

Peut être mon univers un peu dark, cette recherche instinctive du sombre. Jouer avec les limites du possible, la tristesse qui s’en dégage. Les ambiances brumeuses, inquiétantes parfois.

 

Où puisez vous votre inspiration?

Dans mon esprit plutôt créatif et toujours inspiré. Dans la nature, la solitude, l’introspection. Je suis guidée par les énergies que je ressens. J’ai rarement un but précis. Les images sont toujours la résultante de mon état d’esprit du moment.

 

Est ce que vous préparez vos images à l’avance?

Rarement. Je suis guidée par l’envie, le coup de tête, l’instinct. Les rares séances préparées et ficelées à l’avance ont frôlé la déception. Mon moteur est sans conteste l’improvisation, l’envie du moment. Cela correspond à mon besoin de rester libre en toute situation .

 

Travaillez vous vos photos?

Décrivez votre travail de post production. J’ai d’énormes lacunes et post pro. Je gère les bases de LR et PS, mais sans plus. Ma créativité se situe surtout dans le choix du matériel, dans son originalité, dans les conditions de prises de vues que je choisis . Boitiers argentiques, vieux objectifs chinés en brocantes, et bien sûr, mes réglages poussés à leurs limites.

 

Quelle est votre préférence : location ou studio?

Je fais très peu de studio. Trop statique, trop formaté. Je m’y sens prisonnière et pas à ma place. Je préfère les endroits atypiques, les décors naturels, la forêt. J’aime la brume, la tombée de la nuit. Je fuis le soleil.

 

Quels sont les endroits ou les sujets qui vous interpelle le plus?

Sans hésiter c’est la forêt. Je m’y sens chez moi, à ma place, en totale évidence. Les animaux sont aussi des sujets que j’aime photographier. Ils sont vrais. J’aime ça. Et bien sûr, j’aime les visages, les corps, les morceaux de corps.

 

Que voudriez vous absolument photographier?

Les âmes. La fin de vie. Les rides.

 

Quelle est la chose la plus importante que vous avez appris au fil des ans?

De ne jamais dévier de sa route. Continuer à suivre le chemin qui nous fait vibrer. Ne tenir compte que de l’avis des gens pour lesquels on a de l’admiration, de l’amour ou de l’amitié. Se défaire absolument des autres, s’en protéger, ne pas les laisser vous atteindre.

 

Quels sont vos projets futurs à court terme?

Je travaille sur un projet de portraits cachés, en argentique, à l’Hasselblad.

 

Que recherchez vous des modèles avec lesquels vous travaillez?

Qu’elles me donnent leurs tripes, qu’elles balancent ce qu’elles ont de plus fort, de plus intense en elles. J’aime les visages expressifs, avec du caractère. J’ai compris avec le temps et l’expérience que ce genre de visage va de pair avec le vécu. Un vécu intense, parfois torturé, tourmenté se lit sur un visage. C’est intéressant. Je n’aime pas les gens lisses. J’ai beaucoup photographié Mathilde Warnier, qui est devenu pour moi une muse. Elle représente tout ce que je recherche chez une modèle : générosité , force, élégance, intelligence, caractère. En plus d’être une merveilleuse personne. Elle a beaucoup apporté à mon travail. Je suis touchée également par la force qui se dégage de Carolyn White, une modèle au destin émouvant, dotée d’un talent fou et d’une générosité incroyable.

 

Que pensez vous de notre nouveau magasine ?

Enfin un magasine qui donne la parole à ceux et celles qui s’expriment par l’image. Merci de donner cette opportunité de décrire qui nous sommes, notre vision des choses, tant pour les photographes que pour les modèles. Merci de m’avoir donné cette chance.

 

Avez vous un message pour les modèles ?

Oui, j’en ai un : Merci pour tout ce que vous donnez, avec coeur et intensité . Merci pour votre confiance en nous. Merci pour toutes ces belles émotions, rencontres, partages. Un immense message de gratitude donc .

 

https://www.facebook.com/so.ho.562

 

Carolyn White

Evolène Detry

 

Nel Majerus

Vera Lavender et Jessica Evrard (hands)

 

Mathilde Warnier

Mathilde Warnier

Evolène Detry

Amandine Moreau

Jacky Pena

Melanie Principe

 

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